Jour 22 – St. John’s – 160 km

Une autre « petite » journée. Celle-ci, par contre, est la grande finale. Yé!

Heureusement pour nous, le vieux dicton « Après la pluie, le beau temps » prend tout son sens. C’est frais, mais il fait beau aujourd’hui.

20120102-193557.jpg

Il faut toujours faire preuve de retenue à T.-N. Les toilettes ne sont pas toujours à proximité ;-).

20120102-202631.jpg

Mission accomplie!

20110913-174804.jpg

Dès que j’ai une chance, je vous reviens avec les détails croustillants.

Jour 21 – Arnold’s Cove – 129 km

Autre belle journée ensoleillée mais fraiche en vue. En fait, j’ai été aveuglé par le soleil des prévisions météo. J’avais ignoré l’indice « windex » (ce doit être l’indice humidex des vents ;-)). On annonçait des rafales de 50 à 70 km/h!!!

En partant, il fallait se retaper la grosse côte qui avait notre bonheur la veille sauf qu’il fallait la monter avec l’estomac chargé à bloc. Suivit la traversé du parc national Terra Nova.

20110914-185822.jpg

C’est à partir de ce moment que j’ai découvert les neuf signes annonciateurs d’une mauvaise journée? C’est quand…

• Le seul feu de circulation rencontré dans ta journée est une installation temporaire qui t’attends sur le rouge;

20110912-193828.jpg

• Les vents sont de 50 à 70 km/h avec des bourrasques de 0 (vous avez bien lu);

• Tu manges AVANT de monter une côte pour que poids additionnel te stabilise dans le vent une fois rendu en haut; (c’est ce qu’Adrien a fait)

20111008-110248.jpg

• En redescendant une côte sur laquelle tu ferais normalement du 55 km/h sans pédaler, tu en fais du 12 en pédalant;

• Les plantes et les arbres s’inclinent, se prosternent, lors de ton passage (il n’est pas clair si c’est par admiration ou pour signifier que tu es fou);

• Tu souhaites que d’énormes camions passent plus souvent très près de toi pour profiter du calme créé par leur sillon;

• La sortie 26B est située entre les sorties 26 et 26A (je n’ai pas encore figuré ce type d’ordre alphabétique);

• Un maigre 90 km sépare la sortie 26 de la sortie 26A; et

• Vingt-et-une personnes pensent vivre un cauchemar et que seulement 8 se referment les yeux pour continuer à rêver qu’il est possible de se rendre au bout…

Ça mes amis, ça été le genre de journée ahurissante que nous avons vécue. Je ne peux même pas vous dire qu’il faisait un temps de chien parce le seul chien que j’ai vu n’a pas osé s’aventurer.

20120102-194154.jpg

Même notre délicieux souper était à l’image de la journée.

20120102-195556.jpg

Après un dure journée, il faut prendre le temps de se reposer. Bonne nuit.

20120102-195847.jpg

Jour 20 – Traytown – 165 km

Le soleil est revenu… mais oh! qui fa frette à matin : 3C. C’est chaudement habillé qu’on entreprend les premiers 90 km pour nous rendre à Gander.

En route, j’ai croisé Rosaline, la femme qui a vu l’ours. Juste là, qu’elle me dit.

20110911-194439.jpg

Dire que Terre-Neuve abonde d’orignaux et je n’en ai vu aucun! Voir un animal sauvage en vélo, c’est comme la cerise sur le Sundae. Faut croire que je serai condamné à manger mes Sundae sans cerises. Faut aussi croire que l’orignal est un animal mal adapté à la formule tout confort de Vélo-Québec. La génétique devra s’en mêler et nous développer un orignal plus diurne.

20110928-142051.jpg

Journée spéciale, aujourd’hui même, à Gander. Les ganderois célèbrent le 10e anniversaire « 9-11 », eux qui avaient dû accueillir plusieurs avions forcés d’atterrir suite au percutement d’avions dans les tours du World Trade Center à New York.

20110928-142648.jpg

Lily et moi avons mis la main à la pâte.

20110928-142113.jpg

Plus loin à Gambo, un très beau belvédère nous attendait. Le Joey Smallwood Lookout, Gambo étant le lieu de naissance du premier ministre qui a permis à Terre-Neuve de devenir une province canadienne.

20110928-160442.jpg

20110928-160521.jpg

20110928-160546.jpg

Jour 19 – Grand Falls-Windsor – 105 km

On annonce de la pluie aujourd’hui. Au départ, le ciel semble hésitant. Le vent frais, venant du nord à 15 km/h, nous souffle dans le dos. On en profite pour refaire les dix derniers km d’hier pour revenir sur la Trans-canadienne direction Est.

On ne met pas de temps à réaliser qu’au niveau paysage, c’est le jour de la marmotte. Ça ressemble étrangement à hier, dans le style d’une ballade dans le Parc des Laurentides. Quelques beaux petits coins dont Goodyear’s Cove.

20110910-153455.jpg

Pour traverser facilement Terre-Neuve en vélo, on a pas le choix que de rouler sur la Trans-canadienne. Ce compromis nous éloigne des plus beaux paysages, ceux dans les régions côtières. Si on regarde une carte, chacun de ces endroits n’est accessible que par une seule route qui doit être faite aller-retour à partir de la Trans-canadienne. Oui… Ça existe des limites à aimer pédaler. Il ne faut pas oublier que notre projet ici, c’est de traverser le Canada et nous y arrivons.

20110910-191349.jpg

Lily et moi filons. Remarquez la concentration de celui qui prend la photo à 30 à l’heure.

20110910-153814.jpg

Même à cette vitesse, la pluie nous a rattrapés. Il fallait se protéger du frette et du mouillé.

20110910-184507.jpg

Éric, notre guide, a eu pitié de nous. Il a ouvert sa popote roulante et sa soupe chaude est devenue un hit instantané.

20110910-185133.jpg

20110910-185212.jpg

Notre journée n’a vraiment pas été plus compliquée que ça. Pour nous faire oublier cette misérable température, Grand Falls-Windsor nous a accueilli avec son plus beau sourire.

20110910-193257.jpg

J’allais oublier. Pour souper, nous avons goûté a un mets typiquement terre-neuvien… Le Fisherman’s brewis avec de la mélasse. C’était bon.

Jour 18 – Springdale – 130 km

Après notre belle journée d’hier, Lily était pompée ce matin.

20110909-191235.jpg

Examinez le style. On dirait que le personnage Charlo de Charlie Chaplin a enfourché un « Pogo Stick ». Quoiqu’il en soit, les pneus ont été bien gonflés.

Aujourd’hui, le tronçon emprunté sur la 1 Est était tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Si nous avions pu nous fermer les yeux pendant plusieurs km, nous n’aurions pas vu de différence entre avant et après. En fait, une région peu inspirante au point où les gens de la place arrivent difficilement à nommer leur lieux.

20110909-192845.jpg

Quelque chose me dit que ce doit être le terrain de camping des employés de Loblaws en vacances.

Malgré tout, cette région avait quelque chose de spécial. L’asphalte était d’une qualité que peu d’endroits au Canada peuvent se vanter d’avoir. Plus de la moitié était neuve avec un accotement à faire l’envie de tout cycliste. Sur une très longue distance, belle température et vent de dos aidant, Lily et moi avons pu rouler à 40 km/h. 🙂

Cette région regorgeait d’une variété spéciale de conifère que je nommerais « sapin caniche ». Il possède un tronc majoritairement dénudé comme un long chicot et orné d’une touffe tout en haut.

20110909-205023.jpg

Ça n’a donc pas pris beaucoup de avant d’atteindre Springdale. Lily a pu ainsi s’adonner à une de ses activités favorites : visiter la foire artisanale, l’événement majeur qui s’y tenait en fin de semaine.

20110909-211211.jpg

Springdale n’a peut être pas de restaurant Hy’s, mais elle a au moins une Marie (un clin d’oeil à ma belle-sœur).

20110909-211306.jpg

D’ici à la fin de notre expédition, il faudra goûter à deux des mets typiquement terre-neuviens : le Jigg’s Dinner et le Fisherman’s Brewls!! Ce ne sera sûrement pas avant de se faire mouiller par la pluie prévue demain.

Jour 17 – Deer Lake – Congé

Il était clair dès le départ que ce voyage devait comprendre une visite au Parc national du Gros Morne. Aujourd’hui, malgré l’apparence de pluie, c’était le moment tout désigné.

Nous avons donc loué une automobile. Faisaient partie du groupe, Lily, Lison, Jocelyn, Michel et votre humble scripteur.

20110908-194345.jpg

Temps couvert ou pas, ce parc est très beau. Voici quelques unes des photos que j’ai prises. J’en ai d’autres de meilleure qualité sur ma caméra. Je n’en dis pas plus. Régalez-vous les yeux.

20110908-194928.jpg

20110908-195106.jpg

20110908-195147.jpg

20110908-195220.jpg

20110908-195259.jpg

20110908-195356.jpg

20110908-195517.jpg

20110908-195634.jpg

20110908-195707.jpg

20110908-195748.jpg

20110908-195817.jpg

20110908-195859.jpg

Nous avons même pris le temps de déguster un hamburger à l’orignal dans un restaurant d’apparence banale mais surprenant. Pour Jocelyn qui s’initie tranquillement à l’anglais, il s’est étonné de notre empressement à commander des hamburgers aux souris (il confondait moose et mouse!!!).

20110908-201147.jpg

Une belle journée … à nous en faire oublier la pluie.

Jour 16 – Deer Lake – 129 km

Les terre-neuviens ont perfectionné l’art zen du service à table slo-mo. Tous les cyclistes sont donc partis sur le tard et pratiquement en même temps. Le résultat s’est avéré intéressant. Nous nous sommes fréquemment croisés aujourd’hui.

C’est donc par un vent de face glacial de 20 km/h et au son du grincement de la chaîne d’Adrien que nous avons quitté Stephenville. Sa chaîne n’avait pas aimé le lavage à la grande eau de la veille. La force des vents d’hier et de ceux d’aujourd’hui m’a permis de comprendre pourquoi cette ville possède un aéroport. Un avion pourrait facilement décoller sans utiliser ses moteurs!!!

20110908-202106.jpg

20110908-205548.jpg

Même avec une photo comme celle qui suit, Lily persiste à croire que je ne suis pas romantique. 😦

20110908-205920.jpg

Corner Brook est une ville de 30 000 habitants assez spectaculaire. Elle est construite en pente autour d’une baie et la Trans-canadienne la traverse dans sa partie supérieure. Si la loi de la gravité dit qu’un corps qui monte doit redescendre, Corner Brook en est l’anti-thèse. Si on descend pour la visiter, on doit remonter pour en sortir.

20110908-212627.jpg

Continuer sur la 1 Est pour sortir de cette ville est également spectaculaire tant par la longue pente qui n’en finit plus (j’ai fait du 65 km/h sur les freins) que par les falaises qui l’entoure.

20110908-213053.jpg

20110908-213128.jpg

20110908-213344.jpg

Après tout ça, destination Deer Lake. Demain, une gâterie nous attend.

Jour 15 – Stephenville -162 km

Si la taille d’une ville se mesure à la grosseur de son Canadian Tire, Channel-Port aux Basques est toute petite et ses activités gravitent principalement autour du port d’embarquement. C’est de là que débute cette journée où nous aurons à parcourir 162 km.

Tout d’abord, voici la preuve que nous foulons bel et bien le sol terre-neuvien et non, ce n’est pas un montage Photoshop.

20110906-195619.jpg

Nous roulons sur la Trans-Canadienne. Il n’y a pas beaucoup de circulation; on dirait une grosse piste cyclable sur laquelle on a permis aux camions de rouler. Côté météo, très forte probabilité de précipitation. Pas besoin de vous dire que le ciel est menaçant. Ça donne des effets spectaculaires. À vous de juger.

20110906-202354.jpg

20110906-202555.jpg

20110906-202631.jpg

20110906-202657.jpg

20110906-202725.jpg

20110906-202844.jpg

La pluie a quelque peu gâché le dîner et la fin de notre excursion. Elle s’est mise de la partie autour du 100e km. Ça tombait dru; de 20 à 30 mm étaient prévus. Mes appareils photos m’ont tous les deux signifié qu’il n’était pas question d’opérer sous ces conditions. Supposément que les orignaux abondent à Terre-Neuve; pas un ne s’est montré, préférant se cacher que d’avoir à subir de telles conditions.

J’ai essayé de croquer une belle scène dans cet enfer humide…

20110906-214145.jpg

La photo a été prise sur la grosse côte à mi-chemin sur la route reliant la Trans-Canadienne à Stephenville, une ville qui abritait jadis une base militaire de la US Air Force. Un vingt km qui n’en finissait plus car la température s’est mise à chuter et les forts vents nous faisaient maintenant face. Une expérience qui me prouve que Terre-Neuve est une terre d’extrêmes.

Jour 14 – Port aux Basques – Traversée

Une journée où on a pu se lever tard : à 7h. Le traversier ne partait pas avant 15h15. Quoi faire à North Sydney un jour de la fête du Travail quand, comme dans toutes les autres villes, tout est fermé.

On nettoie et vérifie le fonctionnement du vélo…

20110905-205504.jpg

…avant de faire la queue pour le traversier.

20110905-205808.jpg

20110905-205840.jpg

L’embarquement s’est déroulé comme sur des roulettes ;-).

20110905-210739.jpg

L’arrivée à Port aux Basques s’est faite dans la noirceur à 20h45. Pour aller à l’hôtel, à 3 km du port, un convoi de lumières de Noël a suivi le véhicule d’Éric à basse vitesse. Très féérique!

Demain une longue journée sous la pluie s’annonce. Dodo tout le monde.

Jour 13 – North Sydney – 152 km

Ce matin, le ciel est couvert sans être menaçant. On doit retourner à Port Hastings avant de prendre la 105 Est, la route Mabel et Graham Bell. Au bout de cette route, le traversier qui mène à Terre-Neuve nous attend.

20110905-152532.jpg

Jocelyn, l’encadreur, nous a rattrapé.

20110905-153044.jpg  Ce sourire est une déformation professionnelle d’un employé d’Hydro-Québec. Il est au paradis partout où va; il y a toujours un poteau de l’hydro tout près. 

On aperçoit le lac Bras d’Or, là où a eu lieu la première envolée d’un avion au Canada.

20110905-162407.jpg

Dans le village de Whycocomagh, j’ai pu prendre connaissance de la subtilité du message des autochtones aux prospecteurs des gaz de schiste sur leur territoire.

20110905-183923.jpg

Baddeck! C’est un beau petit village très pittoresque sur les berges du lac Bras d’Or. Il héberge de beaux gites et le musée de Graham Bell.

20110905-182340.jpg

20110905-182417.jpg

Ce dîner dans un cadre enchanteur avait un prix, un énorme prix. Nous attendait une montée épuisante longue de 5 km (par chance, la caméra iPod ne montre pas la sueur)…

20110905-185028.jpg

…simplement pour se diriger vers une horreur de mauvais goût. C’est ce pont qui nous attendait au bas de la pente de l’autre côté du sommet.

20110905-185357.jpg

Ce n’est pas par hasard si ce pont ressemble à celui de Miramichi. Il est tout aussi dangereux. Comment réagirait son architecte si on l’obligeait à le traverser à vélo?  Je suis convaincu qu’il se sentirait comme un guillotiné de la révolution française. Par chance, notre guide Éric nous a offert une gâterie; c’est sur les banquettes de son camper que nous sommes passés d’une rive à l’autre.

L’arrivée à l’hôtel a été marqué par la côte des côtes : 100 m à 16 degrés. Mon vélo ne l’a pas digéré… au sommet, le pneu arrière a explosé!