Jour 12 – Port Hawkesbury – 133 km

Voici le spectacle que nous réservait notre fenêtre de chambre ce matin.

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Il y a de ces jours où la nature t’invite fortement à rester dans ton lit. On ne l’a pas écoutée. C’est donc sous un couvert de brume que nous avons quitté Pictou…

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…et en moins de deux heures, un soleil radieux nous avait rattrapé…

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Antigonish est devenue l’endroit désigné pour prendre notre pause dîner. À rouler, on se pose beaucoup de questions du type « Quelle est l’origine de ce nom de lieu? ». On parvient même à trouver des réponses. Au début de la colonie, il y avait les Gonish et les Antigonish qui se haïssaient mutuellement. Ai-je besoin de vous dire qui a eu le dessus? Comme le dit si bien la publicité de l’Outaouais, si vous ne venez pas, on pourra vous raconter n’importe quoi.

On a pris notre dîner sur le campus de l’université St. Francis-Xavier. Très beau campus. De quoi aider la digestion.

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L’ile du Cap Breton étant entourée d’eau, plus nous nous en approchions, plus ça se rafraichissait. À preuve, cette photo. Prenez le temps de lire le panneau jaune.

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À notre entrée sur l’ile…

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…je m’étais confié une mission spéciale. Cette photo avait été prise de moi en août 1977.

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Voici maintenant un photo de moi reprise au même endroit, 34 ans plus tard.

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J’ai appris que le totem avait disparu à cause de la pourriture. Ça porte à réfléchir sur la longévité. Une réflexion qui m’a, je crois, fait découvrir le secret. Il s’agirait de manger des aliments sains, ceux qui se gâtent, mais de le faire avant qu’ils ne pourrissent.

Le totem n’aura donc pas pourri en vain.

Jour 11 – Pictou – 68 km

Autre journée ensoleillée et très plaisante à l’horizon. En se levant, Lily…

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…avait un choix à faire (laquelle des portes ???)

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Elle a opté pour prendre ça mollo et d’oublier que les traversiers de Wood Islands fonctionnaient selon in horaire. C’est donc avec le sourire que nous a fait nos adieux à Charlottetown.

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Les rives entourant la ville baignaient dans la brume. L’effet était spectaculaire.

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Ah! Que de regrets à contempler les paysages pittoresques de l’île pour une dernière fois…

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…mais il faut tourner la page et passer à la prochaine province.

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Cet article indique bien le genre de journée que nous avons eue : courte et plaisante. Nous logeons à Pictou, petite ville historique fondée par des écossais à la fin du XVIIIe siècle. Notre hôtel est historique, bien situé et très beau.

Jour 10 – Charlottetown – 125 km

Autre très belle journée. Très confortable. Direction Ile-du-Prince-Édouard. Que de beaux souvenirs!

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Comme vous pouvez le constater, il y en a une qui est pressée d’y retourner.

Lily et moi nous sommes encore sentis rebelles aujourd’hui. Après avoir roulé trop longtemps sur l’autoroute 15, nous sommes sortis des sentiers recommandés. En prenant la 955, nous avons troqués les camions à haute vitesse pour une route plus pittoresques à la chaussée plus cahoteuse. Oh! Que mon derrière ne l’a pas aimé celle la. Ce qui importe c’est que mes yeux se réjouissaient.

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C’est cette route qui, il y a plus de trente ans, me rendait de précieux services. C’est un raccourci sur lequel je pouvais filer à toute allure pour devancer les véhicules sortant du traversier.

En peu de temps nous étions rendus au …. pont. C’est un pont maintenant.

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Impossible de le traverser à pied ou en vélo. Il a malheureusement fallu le faire en navette sur une banquette rembourrée. Un partie très précise de mon anatomie a voulu m’embrasser pour avoir renoué avec le confort. Je lui ai dit de s’écraser et de ne plus me le demander!

L’île recèle de beaux paysages. Entre Summerside et Charlottetown, on se croirait dans les Prairies canadiennes, formule réduite. Les champs ont tous des dimensions de grandeur humaine et des coloris variés sur fond de terre rouge. À la différence des Prairies, on a l’avantage de n’être jamais bien loin d’un paysage de bord de mer.

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Je me rappelle la convivialité des gens et la confiance qu’ils se portent entre eux. Ça n’a pas changé. Sur le bord de la route, du bois de chauffage à vendre; il n’y avait qu’une boîte de conserve comme agent des ventes pour recueillir l’argent des clients. Le summum de l’automatisation! À Charlottetown, de nos cyclistes ont pu magasiner dans une boutique vélo fermée; le proprio avait oublié de verrouiller la porte d’entrée… Invitant!

C’est une journée qui, bien qu’épuisante à cause de la quantité de collines à monter et à descendre, m’a beaucoup plu …

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Nous nous sommes donc offerts une petite gâterie pour souper.

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Jour 9 – Shediac – 129 km

Wow! Une autre très belle journée. Avec un vent dans le dos de 10 à 20 km/h, laissez-moi vous dire que mon arrière-train ne s’en porte que mieux.

La 134 est une belle route avec un bel accotement. Nous sommes en territoire acadien. Ce qui nous frappe, ce sont les demeures. Sobres, mais toujours très propres. Très peu de tape à l’oeil, mais elles arborent toujours l’étoile ou le drapeau acadien. Fierté d’un peuple oblige!

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Après un dîner pris dans un joli parc de Bouctouche…

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… j’ai eu la chance d’avoir un entretien avec la Sagouine. C’est elle qui a cligné des yeux en premier.

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Je me suis senti rebelle aujourd’hui et ai décidé de me rapprocher du rivage en passant par la 535. Quelle belle décision. Le bitume avait la douceur d’une peau de bébé et les paysages étaient à faire rêver.

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C’est à Shediac que tout a pris fin…

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…là oú se trouve le plus gros homard du monde.

Jour 8 – Miramichi – 168 km

Notre première journée complète dans les maritimes débute avec une côte de 100 m à 13%. J’ai appris à Lily comment l’apprivoiser en zig-zaguant; elle l’a maîtrisée sans problème. Les maritimes, c’est aussi là que nous nous sommes apprivoisés il y a plus de trente ans. Il faut avouer que contrairement à grimper une pente en vélo, la maîtrise des éléments d’une vie conjugale est un apprentissage toujours à parfaire.

Rien de tel que de rouler tôt le matin par une journée qui s’annonce très belle, seul sur la route avec son ombre. À preuve, cette photo prise avant d’arriver à Charlo.

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La 134 était relativement plate avec une belle vue sur la baie des Chaleurs. C’est un nom qui sert à toutes les sauces : Chaleur Tire, Scierie Chaleur et même Chaleur Air Climatisé!!! En fait, je n’ai aucune idée du moment où cette baie a pu être chaude. Ça fait deux jours qu’on la longe et il a fallu se vêtir « chaleureusement ».

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Nous avons dîné à Bathurst dans un beau parc riverain bien aménagé. Ce que je retiens le plus de cette ville, c’est la qualité de ses puisards. Tous étaient entourés de crevasses propres à causer des chutes et à crever nos pneus. Heureusement, il était facile de les éviter, à défaut de ralentir la circulation.

L’après-midi s’est bien déroulé. Beaucoup de montées et de descentes dans une région peu populeuse.

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Le clou de la randonnée fut sans contredit la traversée du pont qui enjambe la Miramichi (maintenant vous comprenez pourquoi la ville porte ce nom). Autant il est beau, autant il est épeurant pour un cycliste. D’une longueur d’un km, il faut rouler sur un trottoir de deux pieds de large, balayé par de bons vents latéraux et collé sur une rampe de 4 pi de haut pour nous empêcher de chuter dans la rivière. Un manège à émotions fortes gratuit! S’abstenir si vous souffrez du vertige.

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Jour 7 – Dalhousie – Congé

Ouf! Nous l’avons échappé belle. La tempête tropicale Irène nous a épargné. On dormait dans le confort du Best Western de la ville pendant qu’il pleuvait. Au réveil, il ne restait que du vent…assez fort (40 km/h +) pour que Vélo Qc décide de nous faire passer une journée de plus à Dalhousie. Ce sera plus facile de faire les 168 kms nous séparant de notre prochaine destination : Miramichi.

Dalhousie, c’est très petit; une rue, avec, d’un côté, un Tim Horton, un Dollar Store, un Shoppers, une épicerie et un restaurant chinois et de l’autre, la très grosse usine de Bowater, fermée depuis trois ans.

Ce soir nous boufferons du chinois si on peut finir par trouver ce restaurant!!!
Demain, au départ, une énorme côte nous attend pour sortir du village.

Jour 6 – Dalhousie – 126 km

Si je ne vous ai pas parlé de mes fesses hier, c’est que les pansements et les crèmes ont apaisé mes souffrances. Lily a été extraordinaire en mettant ses talents d’infirmière à profit. Que ferais-je sans elle?

Aujourd’hui, du bois, on en a vu. Du bois photogénique en petites coupures…

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… et du bois encore plus photogénique en mode paysage…

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Qui dit bois dit aussi moustiques? Ils nous attendaient. La saison de la chasse ne battant pas encore son plein, nous sommes rapidement devenus des proies de choix. Pensez-vous que le dîner a traîné en longueur? Je peux vous dire que pour se tenir loin du zigonnage de bestioles affamés, notre digestion s’est faite sur le vélo à longer les rives de la Restigouche; le paysage était plus calme et serein.

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Le Nouveau-Brunswick …

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Jour 5 – Amqui – 102 km

Au cinquième jour, je peux affirmer être totalement immergé dans cette aventure. Pas besoin du sous-marin Onondaga exposé en cale sèche à Pointe-au-Père pour me le rappeler.

Le petit village de Sainte-Luce m’a fait prendre conscience de la beauté de la région du Bas St-Laurent. Très pittoresque, artisanal, à en faire oublier tous les tracas de la vie.

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Ah oui! J’avais oublié qu’il restait 100 km à parcourir sur la 132 Est. Parfait! Quelle direction direction faut-il prendre?

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Un signalisation à l’image de certaines décisions politiques au Québec par les temps qui courent. Plutôt que de prendre une mauvaise décision, nous en avons profité pour visiter l’oeuvre du sculpteur Marcel Gagnon à Ste-Flavie. Assez particulier. Ses statues installées dans l’eau du St-Laurent donnent l’impression de gens sortant du fleuve pour gagner les berges. Une fois l’effet spectaculaire dissipé, nous avons rassemblé nos moutons …

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… et nous nous sommes dirigés vers Amqui à l’intérieur des terres. Beaux paysages vallonneux, bel accotement pour rouler en vélo, beau soleil, que demander de mieux.

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Amqui est sûrement la capitale mondiale des ponts couverts si on se fie à leur nombre pour la population.

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Nous avons été reçus comme des rois par des représentants du conseil municipal pour célébrer les efforts consentis au réseau de pistes cyclables dans la région. La ville regorge de petits restaurants qui donnent l’eau à la bouche. Nous avons choisi la micro-brasserie et ses plats exotiques. Aucun regret.

Demain, on nous annonce les restes de l’ouragan Irène en fin de journée. Et que ça va bien dormir.

Jour 4 – Rimouski – 148 km

Pas aussitôt parti, qu’il y en a un qui fait des siennes. Mon postérieur et ma selle ne semblent pas être devenus complices. Le fait de ne pas avoir été consulté avant d’entreprendre ce voyage l’a indigné et c’est sa façon de me le faire comprendre.

Je n’aurai donc pas la tête aux photos aujourd’hui. Dommage avec une journée si belle et ensoleillée. Je peux vous dire que le village de St-Fabien était beau à voir au loin. Ouch! Que ça fait mal.

Je peux aussi vous dire que les travaux routiers autour du parc national du Bic nous ont permis de rouler sur une belle surface à contre-sens, protégés par des cônes. Quelle joie! Pour une fois qu’un chantier était à notre avantage, qui s’en plaindra.

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Vous ai-je dit que ça faisait mal? Rimouski n’est pas arrivé trop tôt.

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Ah! Que ça fait du bien.

Jour 3 – Kamouraska – 155 km

Si une photo vaut mille mots, celle-ci dit tout sur ce qu’a été la randonnée jusqu’à l’Islet.

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Peu de temps après le départ de Québec, la pluie nous a tombé dessus Abraracourcix; à Montréal, je n’avais pas dit que nous ressemblions à des gaulois pour rien.

Bah! Tout n’a pas été perdu. Nous avons eu droit à l’étalage des biens précieux des gens de la place …

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Pas tout à fait vrai. Il y avait beaucoup mieux que cela. Près de St-Jean-Port-Joli, beaucoup de belles sculptures exposées aux abords de la route. Mon iPod ne peut en témoigner car j’ai pris les photos avec mon autre caméra.

Les paysages à St-Denis-de-Kamouraska me rappelaient mon lieu de naissance. J’avais l’impression de me balader sur la petite Caroline à Rougemont avec sa vue imprenable sur la plaine.

Tout s’est terminé en beauté à un délicieux restaurant du coin, l’Amuse bouche, qui offrait le spectacle du St-Laurent en prime. Dommage que vous m’y étiez pas. Le coucher de soleil était spectaculaire, signe que le beau temps sera au rendez-vous demain.